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Solidarité

Les maraudes / Projet : e-commerce solidaire

Mais que viennent faire les maraudes sur un blog dédié à la création de contenus ? Vous vous souvenez de mon article à propos de l’alignement de ses valeurs avec son entreprise ? Il était temps que je m’applique à moi-même ce concept. Si vous n’avez pas lu cet article incroyable, vous pouvez encore rattraper votre retard. C’est l’été, je ne vous en veux même pas.

 

Qu’est-ce qu’une maraude ?

Une maraude consiste en une promenade dans les rues d’une ville, à aller à la rencontre des personnes sans-abri, et à leur donner de la nourriture, des vêtements, des produits d’hygiène… Bien souvent, ces actes solidaires sont organisés par des associations. Les plus importantes d’entre elle, comme Emmaüs ou La Croix-Rouge par exemple, disposent même d’un effectif salarié dédié à ces moments de rencontre et de partage. Avec en arrière-plan la construction d’un lien de confiance, afin de donner à ces personnes en grande précarité l’envie de s’investir dans des démarches de réinsertion (logement, emploi, soins…).

 

Une drôle de balade, avec des insectes

Tout a commencé avec l’envie de rencontrer de nouvelles personnes. Vous connaissez peut-être le forum « On va sortir ». Il regroupe et recense des sorties partout en France, par région. C’est là que j’ai trouvé un message d’une association, « La balade des lucioles », appelant les volontaires à faire une maraude dans les rues de Paris. Cela faisait des années que je m’intéressais à la cause des personnes SDF, sans vraiment oser m’investir. J’avais déjà fait des recherches pour trouver des maraudes à rejoindre, mais sans résultat.

Je m’inscris timidement à cette « sortie », et j’appréhende immédiatement la rencontre avec les autres bénévoles, et peut-être plus encore la rencontre avec les personnes dans le besoin. Comment les aborder ? Comment leur distribuer la nourriture ? Y a-t-il des mots à éviter ?

aider personnes sans-abri

Même si on ne m’explique rien de tout ça, je passe un bon moment. Nous étions plusieurs nouveaux, l’ambiance dans le groupe est sympa, j’aime venir en aide. Je me sens gauche et timide avec les personnes sans domicile, mais je sais que cette première expérience me connecte à quelque chose d’important pour moi.

Je n’imagine pas encore à quel point cette importance va prendre de la place dans ma vie et dans mes pensées.

 

Comment se déroule une maraude ?

Notre point de rendez-vous se trouve devant une boulangerie du 13e arrondissement. A sa fermeture, le gérant nous invite à entrer et nous donne leurs invendus du jour. Nous commençons ensuite notre parcours dans les rues, distribuons sandwichs et éventuels produits d’hygiène. Dans plusieurs autres boulangeries, nous récupérons d’autres denrées. En attendant la fermeture à 21h du dernier établissement, nous nous transformons en préparateurs et préparatrices du dimanche. Enfin, du mercredi, en l’occurrence.

Sur une planche de fortune, devant la devanture d’un concessionnaire, nous découpons du saucisson. Debout ou assis, les lames de nos couteaux coupent et ouvrent les baguettes pour les transformer en sandwichs faits maison. Ou dans le cas d’espèce, « faits rue ».

La porte de côté de la boulangerie s’ouvre, on nous remet deux ou trois sacs supplémentaires contenant des baguettes, des sandwichs les jours de chance, des « pains pizzas », … Nous répartissons nos produits en deux pour chacun des groupes de la maraude. L’un partira sur un circuit se terminant aux environs de la Gare de Lyon, l’autre vers Denfert-Rochereau. Dans notre désordre habituel, nous constituons deux groupes et entamons notre parcours. Les horaires de fin diffèrent d’une semaine à l’autre, en fonction de la quantité de denrées à distribuer, du nombre de personnes rencontrées ou des conditions météo. Il m’est arrivé de finir à 22h30 comme à 00h 15.

Poussée par l’envie d’en faire plus, je découvre bientôt que la distribution de nourriture, c’est seulement le premier pas, le prétexte pour un rapprochement plus humain.

 

création de contenus

 

Apprendre à approcher les personnes sans-abri

J’ai tenté une maraude avec une autre association. Là où, avec les lucioles, tout est spontané et décidé à la dernière minute, les bénévoles de « Dans ma rue » prévoient tout : qui appartient à quel groupe et va dans quelle direction. Ayant voulu devenir freelance entre autres pour ne plus avoir de hiérarchie, j’avoue que ce mode de fonctionnement m’a donné de l’urticaire !

En revanche, j’ai pu observer le mode de fonctionnement de « ma cheffe d’équipe » (nouvelle poussée d’urticaire…!). Leur association fait clairement plus dans le social que « La balade des lucioles ». Nous restions longtemps avec chaque personne à laquelle nous donnions de la nourriture, et la jeune femme à la tête du groupe discutait avec une grande aisance avec chacune des personnes que nous rencontrions.

J’essaye, depuis, de reproduire ce mode de fonctionnement avec les lucioles. Avec les personnes avec lesquelles le lien est créé, je l’entretiens avec attention. Lorsque tout reste à faire, je remonte mes manches, je range ma timidité et je fais ce que je peux. Si tout le monde n’a pas envie de discuter pendant des heures, on sent que chez certaines personnes, le besoin de parler est bien présent. Et la maraude prend plus de sens. La mienne, en tout cas.

En discutant avec ces personnes, quelque chose s’est débloqué dans ma tête. Et pourtant, cela a bien failli me fermer les portes de mon statut de freelance…

 

Le manque de sens de mon activité professionnelle

Après plus d’un an d’exercice du métier de rédactrice web, mon activité et mes revenus stagnaient. Lorsqu’ils ne chutaient pas. Le pire, c’était que je n’avais aucune envie de m’investir davantage : pas envie de faire du marketing, à peine envie de réfléchir à un nouveau positionnement, encore moins envie de relancer la prospection…

Là-dessus viennent se greffer les maraudes, les découvertes humaines et l’impression de vraiment servir à quelque chose d’utile. Vous devinez peut-être la suite : j’ai eu envie de devenir éducatrice spécialisée. Je n’ai pas la formation, mais on me dit qu’il est possible de travailler sans avoir le diplôme, et de passer la formation en même temps, ou de recourir à la VAE. Mon CV retravaillé en poche, je m’en vais, la fleur au fusil et la bouche en cœur, parler de mon envie de changer le monde dans des centres d’hébergement.

Entre-temps, je m’étais inscrite à une formation qui aide les freelances à se concevoir une activité pérenne qui leur ressemble. J’expose mon envie de venir en aide au public SDF et… on me dit qu’il est tout à fait possible d’être freelance, de bien gagner sa vie tout en servant ses valeurs. Et donc, pour moi, « servir ses valeurs », ça signifie apporter du mieux-être, autant que faire se peut, aux personnes qui vivent sur un bout de trottoir.

C’est rassurant, parce qu’en dépit de mon envie sincère d’aider ces personnes, je n’arrive pas à me résoudre à renoncer aux libertés promises par le statut de freelance. Dès lors, je n’ai plus aucun doute : aider les personnes sans abri et mon activité professionnelle doivent être liés…

 

marketing e-commerce

 

Le mot de la fin

Je me retrouve donc en pleine réflexion. Le meilleur moyen d’allier mon souhait de ne pas redevenir salariée et de contribuer à changer le monde m’échappe encore, mais je sais que ce n’est qu’une question de temps. Et de confiance. Et vous aurez probablement un rôle à jouer 😉

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