Les produits « suspendus »

Boostez votre e-commerce grâce aux produits « suspendus »

Le concept de « un pane in attesa » (« un pain en attente ») a vu le jour à Naples, il y a 15 ans. Apposée dans la vitrine d’un boulanger, cette promesse de pain en attente invitait les plus démunis à entrer et à se mettre un morceau de pain croustillant sous la dent.

produit suspendu

Le concept était simple : un client payait deux pains, mais n’en emportait qu’un. Le deuxième était « mis en attente » pour une personne qui aurait faim mais n’aurait pas suffisamment de pièces dans sa poche pour se payer à manger. Pour signifier aux personnes démunies qu’un peu de nourriture les attendait, le boulanger inscrivait sur une ardoise « un pane in attesa » et la plaçait dans sa vitrine.

De nombreux commerces italiens ont repris et développé le concept, l’adaptant à leur propre activité. Ainsi, des restaurants n’ont pas tardé à mettre en avant leur « repas en attente », puis les bistrots les « caffe sospeto », les cafés « suspendus ».

Embarqué dans les valises, partagé pendant une conversation, véhiculé par l’air du temps, le concept des pains, des cafés et des repas suspendus parvient à s’implanter en quelques endroits français. Des villes comme Lyon, St Nazaire, Bordeaux, Brest, Bayonne, Fécamp, Rouen, Mulhouse ou encore Orléans, Carcassonne ou Les Lilas adoptent à leur tour cette initiative altruiste. En plus de venir en aide aux personnes abîmées, ce concept attire chez les commerçants les clients « qui payent ». Tout le monde y gagne !

Pour preuve, une capture d’écran datant du 26 août 2019, venant de la plateforme CoffeeFunders. Elle recense les cafés et les repas en attente qui lui sont signalés :

participer e-commerce solidaire

 

De remise en question en quête de sens, j’en suis venue à me demander s’il n’était pas possible d’appliquer ce concept à un secteur où, à ma connaissance, il ne connaissait encore aucune application : le e-commerce. Les personnes SDF manquent cruellement de produits aussi « basiques » que des chaussettes, des déodorants, des savons, des slips, des rasoirs, des serviettes hygiéniques, des gourdes, des shampoings… Et en parallèle, de nombreuses marques éthiques se créent et proposent aux consommateurs des produits originaux et innovants. Alors pourquoi ne pas essayer de lier les deux ?

 

 Le concept du buy 1 / give 1

Le concept du buy 1 / give 1 reprend celui du pain en attente. L’idée est de proposer aux clients des e-commerces qui joueront le jeu d’acheter un produit en plus du leur, pour qu’il soit ensuite donné à une personne sans domicile. Réalisant une maraude par semaine, je me propose pour recevoir les colis des e-commerçants et redistribuer les « produits suspendus » reçus.

 

Si des clients se montrent assez généreux pour offrir un repas, est-ce si insensé d’imaginer qu’ils pourront offrir un déo, une paire de chaussettes ou un shampoing ?

D’autant que les nouvelles générations sont de plus en plus sensibles à l’engagement des marques…

La génération Z (personnes nées entre la fin des années 1990 et la fin des années 2010) est en quête de sens. « Teen’s views on social activism and cause marketing and why it matters for brands », étude menée sur 2000 adolescents, nous apprend que 68% des ados pensent que les entreprises se doivent d’entrer en action pour résoudre les problèmes importants de la société.

62% se déclarent davantage susceptibles d’acheter les produits d’une marque qui communique sur ses engagements.

Deux tiers d’entre eux accordent plus d’attention à la communication d’une entreprise engagée.

42% communiquent autour d’eux sur leurs valeurs.

Il y a donc fort à parier qu’en se lançant dans ce genre « d’opérations », les marques réussiront à s’attirer la sympathie, le respect et les faveurs de leur clientèle, déjà acquise et à venir.

Le meilleur moyen de savoir si ce concept de produits suspendus est viable… c’est de le tenter !

 

Merci à Eric Tabary de m’avoir fait découvrir le concept des cafés suspendus 🙂

 

Sandrine Pollien

sandrine pollien